Arthur Chevallier – Le trompe-l’œil du scrutin proportionnel

Même si l’élection est une forme sophistiquée de l’exercice du pouvoir, elle n’en est qu’un moyen, insuffisant pour garantir la pérennité d’un gouvernement.

La critique des élections est, en démocratie, une fonction de l’électoralisme ; et dénoncer ce qu’elles auraient d’injuste, une rhétorique des partis minoritaires. Ils confondent l’équité et la justice, l’idéal et la vertu, la politique et la morale. François Bayrou, haut-commissaire au Plan, exerce une pression sur le président de la République afin d’instaurer une « dose » de proportionnelle. Sa démarche recueille l’assentiment des écologistes, du Rassemblement national et, dans une certaine mesure, de La France insoumise. Le président du MoDem y voit un moyen de restaurer la confiance entre les citoyens et les hommes politiques. Or, rien dans l’histoire de France ne confirme ce postulat.

Même si l’élection est une forme sophistiquée de l’exercice du pouvoir, elle n’en est qu’un moyen, insuffisant pour garantir la pérennité d’un gouvernement. Les assemblées révolutionnaires, pour être composées d’élus, n’en ont pas moins été un facteur d’instabilité. Quant aux souverains du XIXe siècle, tous, de Napoléon Ier à Napoléon III en passant par Charles X et Louis-Philippe, gouvernaient avec une chambre haute et une chambre basse. Même si les gouvernements n’étaient pas systématiquement responsables devant ces dernières. Cela n’a permis à aucun d’entre eux d’échapper soit à une abdication soit à une révolution.

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