Avant la crise, plus d’un Européen sur 20 souffrait de dépression

Des données recueillies avant la pandémie de coronavirus montrent que les cas de dépression étaient majoritaires dans les pays économiquement les plus développés.

Tristesse, perte de motivation, troubles du sommeil… La dépression touche de plein fouet les Européens. L’une des plus larges études menées en la matière avant la crise sanitaire, et publiée dans le Lancet, estime que plus de 6% des Européens y sont confrontés, et en particulier les jeunes et les femmes enceintes. Ce constat ressort après l’analyse des données de la deuxième vague de l’enquête européenne sur la santé menée auprès de 258 888 participants de 27 pays européens, à l’exclusion de l’Espagne, de la Belgique et des Pays-Bas pour des raisons méthodologiques.

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Les conclusions montrent que les pays avec la prévalence la plus élevée sont :

  • l’Islande (10,3%) ;

  • le Luxembourg (9,7%) ;

  • l’Allemagne (9,2%) ;

  • le Portugal (9,2%) ;

  • la France (7%).

« Des différences majeures sont confirmées entre les pays, les taux de prévalence étant jusqu’à 4 fois plus élevés dans les pays économiquement plus développés, relève le Dr Jorge Arias-de Torre, l’auteur principal de l’étude. C’est surprenant, car ces pays ont des ressources de santé bien supérieures à d’autres pays moins développés économiquement. »

À l’inverse, les pays avec la prévalence la moins élevée sont :

  • la République tchèque (2,6 %) ;

  • la Slovaquie (2,6 %) ;

  • la Lituanie (3 %) ;

  • la Croatie (3,2%).

La crise sanitaire aura un « impact à long terme »

Cette étude souhaite inciter les autorités sanitaires à affiner les stratégies de dépistage, la dépression étant l’une des principales causes d’invalidité, de décès prématuré, de réduction de la qualité de vie et un lourd fardeau pour les systèmes de santé. L’équipe s’intéresse désormais à l’impact de la pandémie de Covid-19, mais nul doute que le pourcentage devrait considérablement augmenter.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime ce jeudi que la crise sanitaire aura un « impact à long terme et d’une grande portée » sur la santé mentale de la population. « De l’anxiété liée à la transmission du virus, à l’impact psychologique des confinements et de l’auto-isolement, aux conséquences liées au chômage, aux difficultés financières et à l’exclusion sociale, (…), tout le monde est affecté d’une manière ou d’une autre », avertit-elle.

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