Burkina Faso : le retour en force du « faso dan fani »

C’est dans les années 1980, à partir de l’accession au pouvoir de Thomas Sankara, que débute véritablement la valorisation du faso dan fani, qui s’inscrit dans un programme national de promotion des produits locaux.

Depuis 2019, le ministère du Commerce et de l’Artisanat burkinabé poussé par des acteurs du secteur a engagé un processus de labellisation du pagne tissé traditionnel faso dan fani, qui signifie littéralement « pagne tissé de la patrie » en langue dioula, et symbole de la révolution sous Thomas Sankara. Au-delà de l’histoire, ce tissu à base de fil de coton lourd, non génétiquement modifié, est un produit stratégique pour le Burkina Faso, dont le potentiel de revenus annuels est évalué à plus de 50 milliards de F CFA (un peu de 76 millions d’euros). Deux ans après avoir pris cet engagement, le pari est plus que gagné pour le pays.

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Barrer la route aux contrefaçons

Les premiers pagnes faso dan fani labellisés sont désormais disponibles sur le marché. Pour ne plus se tromper et barrer la route aux contrefaçons, les consommateurs pourront se référer à l’étiquette, qui affiche maintenant plusieurs informations, notamment sur la qualité du tissu. Ils pourront même effectuer ces vérifications depuis leurs smartphones, à l’aide d’un QR code ou un code-barres qu’il faut flasher ou aller sur le site du portail d’entrée au Burkina, a indiqué la Maison de l’entreprise du Burkina Faso, au c?ur du projet. Jusqu’ici, des pagnes imprimés en Asie coûtant dix fois moins cher que les originaux inondaient les marchés. Valoriser et protéger la filière textile artisanale locale était l’objectif principal du g […] Lire la suite