Covid-19: face à la deuxième vague, de nouvelles mesures de restriction partout en Europe

Les prochaines semaines s’annoncent compliquées en France et en Europe. Alors que la situation sanitaire ne cesse de se dégrader dans l’Hexagone, l’exécutif se prépare à durcir le ton de manière rapide. Entre mardi et mercredi, deux nouveaux conseils de défense sont prévus à l’Élysée, lors desquels de nouveaux arbitrages seront décidés. Selon nos informations, un confinement le week-end et un avancement du couvre-feu font partie des pistes envisagées.

La France ne serait toutefois pas le seul pays européen concerné. Parmi les nations membres de l’Union européenne, nombreuses sont celles qui ont été forcées de prendre de nouvelles mesures afin de circonscrire au maximum le coronavirus.

· Italie

Dimanche, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a renforcé les restrictions contre le coronavirus après la publication de chiffres record de nouvelles contaminations. Ainsi, cinémas théâtres, salles de gym et piscines vont devoir fermer à partir de lundi et jusqu’au 24 novembre selon ces nouvelles restrictions, alors que les bars et les restaurants devront cesser de servir après 18 heures, ont annoncé les autorités.

Une décision qui s’est faite contre l’avis des gouverneurs de régions, et qui a grandement déplu à une large partie de la population italienne. Lundi, des milliers de personnes ont manifesté contre ces fermetures prématurées. Des rassemblements ont dégénéré dans plusieurs villes dont Milan et Turin. Des tramways ont été vandalisés, des poubelles incendiées, des deux-roues renversés et quelques vitrines caillassées, selon les images diffusées en direct par des médias italiens.

· Allemagne

Relativement épargnée par la seconde vague, l’Allemagne connaît cependant un regain de la maladie sur son territoire avec 10.000 contaminations par jour, cinq fois moins qu’en France malgré 17 millions de personnes en plus. A l’heure actuelle, un peu plus de 1000 personnes se trouvent en soins intensifs et 8000 lits sont encore libres dans le pays.

Pour autant, certaines restrictions ont été mises en place dont la fermeture des restaurants plus tôt dans la soirée et l’interdiction de la vente d’alcool en soirée dans certaines villes. En outre, Angela Merkel souhaite un tour de vis supplémentaire et une réunion à la chancellerie est prévue ce mercredi à Berlin. A l’heure actuelle, deux districts bavarois ont été reconfinés.

· Espagne

En Espagne aussi, pays violemment touché par la première vague, la situation se tend de plus en plus. Le gouvernement régional de la Catalogne a ainsi indiqué lundi réfléchir à un éventuel confinement de la population à domicile pendant les week-ends, une mesure plus sévère que le couvre-feu en vigueur depuis dimanche dans le pays, sauf dans les Canaries.

La région voisine d’Aragon, peuplée de 1,3 million de personnes, a quant à elle annoncé lundi son bouclage partiel à partir de mardi. Les entrées ou sorties de son territoire ne seront donc autorisées que pour des raisons « justifiées » (comme aller travailler ou se faire soigner par exemple), a-t-elle indiqué sur son compte Twitter. Dans le nord-ouest du pays, la région des Asturies doit, elle, décider lundi après-midi si elle adopte une mesure similaire.

Un bouclage est déjà en vigueur dans les régions de Navarre ou de la Rioja mais aussi dans de nombreuses villes comme Saragosse en Aragon ou Salamanque en Castille-et-Léon.

La capitale du pays, Madrid, et huit communes de sa périphérie ont été également soumises depuis début octobre et jusqu’à samedi à un tel bouclage, qui avait donné lieu à un bras de fer entre autorités régionales et gouvernement central.

· Belgique

Chez nos voisins belges, des mesures scolaires ont été mises en place afin de limiter les risques de contamination. Ainsi, les vacances de la Toussaint ont été prolongées jusqu’au 11 novembre et les cours à distance pour les étudiants du secondaire ont été prodigués.

Dimanche soir, les autorités de la Belgique francophone ont prévenu collèges et lycées qu’ils devraient organiser les cours en ligne à compter de mercredi pour trois jours. Cela concerne 360.000 élèves.

« La situation épidémique nous impose de revoir quasiment au jour le jour notre façon d’agir », a expliqué lundi à la RTBF la ministre francophone de l’Enseignement Caroline Désir. « On est parti pour une semaine dramatique (…) notamment dans les hôpitaux », a déclaré de son côté le ministre-président de région wallonne Elio di Rupo.

· Slovénie

Dans ce pays d’Europe centrale aussi, le gouvernement a annoncé le durcissement à partir de ce mardi du confinement partiel en vigueur et renforcé lundi les contrôles aux frontières, en raison de la hausse du nombre des nouveaux cas de coronavirus.

De nouvelles mesures sont entrées en vigueur lundi aux frontières avec l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie, après que plusieurs régions dans ces pays ont été décrétées zones rouges selon le code couleurs commun de l’Union européenne.

Les habitants de ces zones peuvent entrer en Slovénie uniquement s’ils sont des travailleurs transfrontaliers, des propriétaires immobiliers sur le territoire, des écoliers, pour rendre visite à des proches ou d’autres exceptions, a expliqué la police slovène.

Ceux qui désirent entrer dans le pays mais ne rentrent pas dans ce cadre doivent présenter un test négatif au Covid-19 remontant à moins de 48 heures.

· Irlande

La semaine dernière, le Premier ministre Irlandais Micheal Martin a annoncé un renconfinement pour le pays d’une durée de six semaines. L’Irlande est devenue le premier pays de l’Union Européenne à reprendre une telle mesure depuis le début de la crise sanitaire.

Le reconfinement est entré en vigueur mercredi 21 octobre à minuit pour six semaines. Les écoles restent ouvertes, mais les commerces non essentiels doivent fermer et les bars et les restaurants ne peuvent servir que de la nourriture à emporter.

Toutefois, les Irlandais peuvent sortir de chez eux pour faire de l’exercice, mais uniquement dans un rayon de cinq kilomètres autour de leur lieu de résidence, sous peine d’amendes.

· Pays de Galles

Le Pays de Galles a annoncé lundi 19 octobre l’instauration d’un confinement pour une durée de deux semaines à partir du 23 octobre afin de tenter de freiner la seconde vague du coronavirus.

« A partir de 18 heures, heure locale (19 heures en France) vendredi, il sera demandé aux plus de trois millions d’habitants de la province britannique de rester à la maison », avait expliqué le Premier ministre gallois Mark Drakeford lors d’une conférence de presse, ajoutant que la durée de ce « pare-feu » est la plus courte qui puisse être introduite pour être efficace.

Les restrictions ont provoqué colère et confusion. Pas le droit d’acheter des livres ou des vêtements pour bébés, même dans les magasins ouverts: plus de 65.000 Gallois avaient signé ce lundi une pétition exigeant l’abandon de ces règles jugées disproportionnées », alors qu’ils sont limités aux achats de produits « essentiels » dans le cadre de ce reconfinement.

Article original publié sur BFMTV.com