EDITO. Face au Covid-19, l’heure n’est plus au président audacieux mais au président architecte

Desserrer l’étau, mais encore? Des annonces d’Emmanuel Macron, mardi soir à la télévision, on sait qu’elles mêleront l’optimisme à la gravité. Il s’agit de « redonner des perspectives », soufflent ses proches. Si l’épidémie reste menaçante, les signes positifs existent ; autant s’en servir pour redonner de l’élan. Mais toujours en marchant sur un fil. La déprime générale maintient le pays à l’arrêt, mais un excès d’enthousiasme, en réactivant les contaminations, l’entraînerait vers l’abîme.

Pendant que fusent les revendications catégorielles et les incompréhensions factices, le pouvoir n’a donc d’autre choix que de piloter à vue, en espérant atterrir sans encombre. « It’s the economy, stupid » (c’est l’économie qui compte, andouille), lançait jadis un conseiller de Bill Clinton, théorisant qu’au moment de l’élection le taux de chômage primerait toujours la haute politique. « It’s the epidemy, stupid », peuvent se dire aujourd’hui les dirigeants de tous les grands pays démocratiques. A l’heure des comptes, que pèseront les grandes ambitions et les réformes structurelles face au bilan sanitaire? Sans doute peu.

Le défi est d’abord celui d’une transformation… de son propre projet

Pour Macron, dont l’accession à l’Elysée devait inaugurer une ère de modernisation de la France, le défi est d’abord celui d’une transformation… de son propre projet. Il voulait tirer le pays vers le haut, il lui faut creuser de nouvelles fondations. Enfourchant la théorie de la « destruction créatrice » c…

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