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Les Observateurs

Haut-Karabakh : deux vidéos de décapitations attestent de crimes de guerre contre des civils arméniens

Au début du mois du décembre, une série de vidéos particulièrement insoutenables a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Elles montreraient diverses exactions commises sur des prisonniers de guerre et des civils dans le cadre du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au Haut-Karabakh. Les deux vidéos les plus choquantes, montrant les décapitations de deux hommes âgés, viennent d’être authentifiées par le journal britannique The Guardian. Elles attestent de crimes de guerre particulièrement graves, sur lesquels des enquêtes ont été lancées. ATTENTION, LES  FAITS RELATÉS DANS CET ARTICLE PEUVENT HEURTER LES SENSIBILITÉS.Les dizaines de vidéos, d’abord partagées sur des chaînes Telegram diffusant des informations sur les troupes azerbaïdjanaises, n’ont pas pu être toutes vérifiées. Certaines montreraient les exactions de soldats arméniens à l’encontre de prisonniers azerbaïdjanais, d’autres celles de soldats azerbaïdjanais à l’encontre de soldats et civils arméniens. Elles montrent diverses techniques de torture et d’humiliation, des exécutions et des atteintes aux cadavres de soldats. Dans cette sordide collection d’images non-vérifiées, deux vidéos ont particulièrement choqué.Elles montrent deux incidents similaires : dans les deux cas, on voit un homme âgé en civil, décapité par un ou plusieurs soldats identifiés comme azerbaïdjanais (langue parlée, écussons sur l’uniforme, équipement…). Les images sont difficiles à vérifier : aucun élément dans ces vidéos ne permet de comprendre où et quand la scène se serait déroulée. On ne voit pas de paysage ou de bâtiment distinctif et les personnes ne disent rien qui puisse aider à déterminer les circonstances de l’exaction.Cependant, grâce au travail du défenseur des droits arméniens et d’avocats spécialistes des droits de l’homme, le journal britannique The Guardian a pu authentifier ces vidéos amateur. Deux cas de décapitation d’hommes âgés Ce dernier a notamment pu contacter l’entourage des deux victimes, respectivement Genadi Petrosyan, 69 ans, et Yuri Asryan, 82 ans. Leur identification a été permise par la création de listes de personnes disparues par les autorités arméniennes, qui enquêtent sur de possibles exactions.La première vidéo est en fait une série de clips diffusés à plusieurs jours d’intervalle sur des chaînes Telegram le 22 novembre puis le 3 décembre. Elle montre donc un homme âgé allongé au sol et vêtu uniquement de son pantalon de couleur beige.Cet homme, Genadi Petrosyan, est décapité par un des soldats azerbaïdjanais présents à l’endroit, qui ressemble à une prairie. Sa tête est ensuite posée sur le cadavre d’un animal ressemblant à un porc. En fond sonore, les soldats présents rient et plaisantent. « C’est comme ça que nous nous vengeons, en coupant des têtes », entend-t-on en langue azérie dans la vidéo.La victime habitait dans le village de Madatashen dans le Haut Karabakh, lieu où la scène se serait déroulée. Selon le chef de ce village, la victime aurait donné un dernier signe de vie par téléphone le 28 octobre, indiquant que les troupes azerbaïdjanaises venaient d’entrer dans Madatashen. Cette conversation s’est produite près d’un mois avant la publication de la vidéo, l’exaction s’est donc produite dans cette intervalle de temps. « Au nom d’Allah, je vous en supplie »La deuxième vidéo, diffusée le 7 décembre, dure 29 secondes et montre un homme âgé vêtu de vêtements bleus. Visiblement en proie à la panique, il répète aux soldats présents en langue azérie : « Au nom d’Allah, je vous en supplie ». Selon l’ONG Amnesty international, qui a également analysé ces images, son accent trahi cependant son identité arménienne. Un soldat maintient l’homme à terre, il porte le drapeau azerbaidjanais en écusson à l’épaule et un casque caractéristique des unités ce pays.Un autre soldat lui tend un couteau et il commence à trancher la gorge la victime quand la vidéo s’arrête.Grâce à la liste des personnes disparues et au recoupage de plusieurs témoignages et photos, le Guardian a pu établir que la victime est Yuri Asryan, 82 ans, et que la scène s’est déroulée dans son village, Azokh. Les troupes azerbaïdjanaises ont commencé à s’approcher de cette localité le 20 octobre et ce vieil homme a alors refusé de partir. Il est décrit par le chef de ce village comme une personne isolée, qui « n’a probablement pas vraiment compris ce qu’il se passait » au moment du conflit. La scène se serait donc déroulée entre le 20 octobre et le 7 décembre.Selon le Guardian, la majorité des vidéos particulièrement violentes diffusées depuis la fin novembre montrent les exactions de soldats azerbaïdjanais. Cependant, une vidéo partiellement analysée par l’ONG Amnesty International montre cette fois un garde-côtes azerbaïdjanais poignardé au niveau de la gorge par un soldat identifié comme arménien. Selon des médias azerbaïdjanais cités par Amnesty, la victime s’appelait Ismail Irapov.Le procureur général de l’Azerbaïdjan a lancé le mois dernier une vaste enquête sur les crimes de guerres commis par Bakou et Erevan dans le cadre de ce conflit et, selon le Guardian, deux soldats azerbaïdjanais ont été arrêtés ce lundi 14 décembre pour avoir profané les corps de soldats arméniens et détruit des tombes. Officiellement, aucune enquête sur des cas de décapitations n’a été ouverte.