« Kaamelott » ou la lente réintroduction d’Arthur dans la culture française

Alexandre Astier dans « Kaamelott » en 2006.

William Blanc est historien. Il est notamment l?auteur de Winter Is Coming. Une brève histoire politique de la fantasy, de Super-Héros, une histoire politique et Le Roi Arthur. Un mythe contemporain. Il a également participé au Dictionnaire de la fantasy dirigé par Anne Besson.

Le public aura attendu longtemps, très longtemps, ce retour de ce roi-là. Treize ans, treize années pour voir passer le souverain de Kaamelott du petit au grand écran, du format shortcom à une fresque de fantasy qui lorgne nettement Le Seigneur des anneaux en proposant du spectacle mêlant scènes en extérieur filmées en plan large, effets spéciaux et batailles titanesques. Mais nous n?en dirons pas plus. Du moins, sur l?action du film.

La lente maturation du long-métrage d?Alexandre Astier est aussi celle du mythe arthurien en France. Il aura en effet fallu du temps pour que celui-ci finisse par s?imposer dans la culture populaire francophone. Vraiment beaucoup de temps. Revenons un peu en arrière. Au début du XIXe siècle, l?Angleterre redécouvre la légende de la Table ronde, classée au rayon de curiosité depuis près de deux cents ans. Très vite, elle s?installe aux États-Unis, où elle suscite peu à peu une intense production, de Mark Twain aux comics de super-héros.

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