« Le chef de l’État déconstruit l’État »: Le Pen dénonce l’idée de Macron de supprimer le corps préfectoral

La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen (photo d’illustration) – Alain JOCARD © 2019 AFP

Marine Le Pen a écrit aux préfets pour leur dire son opposition à la réforme envisagée par Emmanuel Macron de supprimer le corps préfectoral, affirmant « croire au modèle administratif français », dans un courrier rendu public ce mardi par le Rassemblement national.
Le gouvernement prévoit de supprimer le corps des préfets tout en maintenant la fonction, dans la continuité de sa réforme de la haute administration qui a mené à la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA).

« S’attaquer au corps préfectoral (…) confirme une volonté méthodique de déconstruction d’un édifice administratif autour duquel s’est forgée la Nation », soutient la candidate à l’Elysée dans un courrier daté du 10 mai.

« Le risque d’une politisation tant des recrutements que des nominations »

« Le chef de l’État déconstruit l’État » en réformant le corps des préfets, afin de pouvoir y « caser ses copains », avait dénoncé la semaine dernière Marine Le Pen depuis la Vendée. « Derrière cette politique de table-rase administrative, pointe le risque d’une politisation tant des recrutements que des nominations au sein de la haute fonction publique », ajoute la présidente du Rassemblement national.

Et « ces projets de réforme heurtent notre conception partagée de la méritocratie républicaine et de la neutralité du service de l’État », fait-elle encore valoir, en pointant le risque d’une « privatisation rampante des fonctions publiques », avec le recours « de plus en plus fréquent, à des cabinets de conseil privés pour des interventions publiques ».

Vers une nécessaire adaptation du modèle administratif français?

Selon Marine Le Pen, cette réforme va « accélérer le processus de délitement de l’ensemble de la fonction publique et attenter encore davantage à sa légitimité d’action ».
La dirigeante d’extrême droite dit « croire au modèle administratif français », même si « personne ne disconvient de nécessaires adaptations ». Mais « ces évolutions auxquelles chacun est prêt ne justifient aucunement d’écrouler l’édifice. C’est pourquoi, à l’inverse des projets actuels, mon projet politique se donne comme priorité la restauration de l’autorité de l’État », conclut-elle. En ce qui concerne l’ENA, qu’Emmanuel Macron prévoit de remplacer par un « Institut du service public », Marine Le Pen avait fustigé « une opération de communication », estimant que les Français souhaitent plutôt « un changement d’état d’esprit du fonctionnement de l’État plutôt que le changement des écoles de formation ».

Article original publié sur BFMTV.com