Manifestation pro-palestinienne interdite à Paris: Valls dénonce une « exportation du conflit » au Proche-Orient en France

L’ancien Premier ministre Manuel Valls, sur le plateau de BFMTV le 14 mai 2021. – BFMTV

Le tribunal administratif de Paris, saisi par les organisateurs, a confirmé ce vendredi soir l’interdiction de la manifestation pro-Palestiniens prévue ce samedi dans la capitale. Sur le plateau de BFMTV, l’ancien Premier ministre Manuel Valls a salué la demande de Gérald Darmanin d’interdire ce rassemblement, estimant qu’il s’agissait d’un mouvement de « soutien au Hamas. »

« C’est une exportation du conflit du Proche-Orient »

Revenant sur les événements de 2014 alors qu’il était Premier ministre, Manuel Valls a rappelé que « pour la première fois depuis la Libération, au cœur de Paris, on avait crié mort aux juifs. » Il estime donc justifiée l’interdiction de cette nouvelle manifestation en soutien au peuple palestinien:

« Nous savons que ce ne seront pas des manifestations de soutien aux Palestiniens », affirme-t-il. « C’est une exportation du conflit du Proche-Orient dans notre pays et ce sera comme en 2014. Cela sera une manifestation de soutien au Hamas, une organisation terroriste », avance l’ancien ministre.

« Si on permet une manifestation, demain soir, le ministre de l’Intérieur sera sommé de s’expliquer sur pourquoi il y a eu des cris contre les juifs. L’antisionisme, c’est-à-dire la haine d’Israël, c’est l’antisémitisme moderne », tranche l’ex-Premier ministre.

« Ces gens ont le droit de manifester »

Un peu plus tôt à notre antenne, l’un des avocats de l’Association des Palestiniens en Ile-de-France, à l’origine du recours devant le tribunal administratif, a assuré que les différents organisateurs du rassemblement avaient condamné les propos antisémites.

« L’antisémitisme, c’est un cancer au sein de la France et il n’est pas accepté », a affirmé Me Stefen Guez Guez. « Ces gens ont le droit de manifester », estime-t-il. « Depuis 2014, il y a eu plein de manifestations de défense de la cause palestinienne qui se sont déroulées sans aucun problème », a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

« La France garantit les libertés d’expression et de manifester, et la Palestine ne doit pas être une exception », a-t-il dit. « Un peuple reçoit des bombes sur la tête, des dizaines de civils sont tués, et on n’aurait pas le droit de dire qu’on n’est pas d’accord? », a encore interrogé l’avocat.

Article original publié sur BFMTV.com