Violences conjugales : toujours plus de plaintes et de signalements

Hommage sur un mur de Montreuil, près de Paris, aux femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le 1er janvier 2019, par le collectif Collages féminicides, le 25 septembre 2020.

Il y a deux ans, Julie Douib, tuée par son ex-compagnon en Corse, devenait un symbole des féminicides. Alors que le procès de Bruno Garcia-Cruciani, qui a reconnu avoir abattu la trentenaire, s’ouvre ce jeudi, la lutte contre les violences conjugales est mise à l’épreuve depuis plus d’un an par la crise sanitaire. En mai 2020, Marlène Schiappa s’alarmait d’une augmentation de 37 % des signalements de violences conjugales pendant le premier confinement. Pourtant, en février dernier, Éric Dupont-Moretti annonçait une baisse de 38 % des féminicides en 2020 par rapport à 2019.

Le ministère de l’Intérieur a en effet décompté 90 féminicides sur l’année écoulée, contre 146 en 2019. Un chiffre qui est toutefois contesté par plusieurs associations et collectifs : le compte Twitter Féminicides par compagnons ou ex en a décompté 10 de plus. Pour 2021, le même compte Twitter recense déjà 51 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. La dernière victime, Karine Le Donge, a été tuée le 8 juin au Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime).

À LIRE AUSSIFéminicide de Julie Douib : « J’ai protégé ma fille, je suis allé porter plainte avec elle »

Une vigilance accrue ?

« Les périodes de confinement ont exacerbé les violences », affirme Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), qui a pu constater une explosion des appels au numéro d’urgence Violences femmes info, le 3919. « Des femmes se retrouvaient acculées au domicile sans pouvoi […] Lire la suite